Archive for April 2009
Mémoire des guerriers pacifiques
Par Philippe Ruel
Communauté de l’abeille, village d’Actéal, région du Chiapas, Mexique
Chaque année, à l’approche de Noël, les 200 membres de cette petite communauté pacifique de natifs organisent la commémoration du Massacre de 1997, où 48 villageois, en majorité femmes et enfants, ont été surpris et attaqués par des hommes armés alors qu’ils se recueillaient à l’intérieur de l’église. Les blessés encore aptes à se déplacer et ceux épargnés par les tirs initiaux tentèrent de s’échapper et se dispersèrent dans la jungle dense qui entoure le village. La traque par le groupuscule armé dura des heures, pendant lesquelles les pires atrocités furent commises : torture des enfants, femmes enceintes éventrées et mutilation des corps.
Cette milice, équipée et financée par le gouvernement mexicain, existe depuis le milieu des années 1990 et vise à traquer l’armée de libération nationale zapatiste (E.Z.L.N.). Cette dernière contrôle tant bien que mal une partie du sud-ouest mexicain et y a instauré un gouvernement autonome. Les actes de répression et d’intimidation par les milices envers ceux favorables au mouvement zapatiste sont monnaie courante.
Les auteurs du tristement célèbre ”massacre d’Acteal” ont été livrés aux forces de l’ordre et ont été relâchés quelques jours plus tard, sans aucune accusation portée contre eux.
Un aperçu du reportage photo …












G20
Les manifestations entourant le sommet du G20 tenu à Londres se sont déroulées somme toute dans un calme relatif, compte tenu de l’ampleur du rassemblement politique.
Les forces de l’ordre ont su contenir les déboires et la violence en large partie. Les vitrines de la Royal Bank of Scotland ont été saccagées et certains manifestants et policiers ont été la cible de coups de matraque d’un coté et de bouteilles vides de l’autre. Un homme est décédé pendant les manifestations, mais son décès n’est pas directement lié avec les altercations avec les forces de l’ordre.
La police a utilisé une technique douteuse de gestion des diverses groupements de manifestants. Les divers corps policiers ont en effet encerclé les manifestants, journalistes et passants. Ensemble nous nous sommes retrouvés coincés dans une enclave assez restreinte pendant près de 3 heures sans possibilité de sortir. Aucune exception.
Les premiers à pouvoir quitter les lieux furent les femmes. Par la suite, au compte-gouttes, les policiers ont procédé à la ‘libération’ des gens retenus sur place, via un entonnoir humain formé par la brigade antiémeute. À raison d’une personne par minute pendant une heure, la place publique face à la Bank of England fut lentement évacuée de ses manifestants exténués. La faim au ventre, plusieurs avaient commencé à badiner avec les agents de la paix tout aussi fatigués, sous les bruits sourds des endurcis partis en transe pour la nuit.

G20 Londres. Manifestations face à la Bank of England.

G20 Londres. Manifestations face à la Bank of England.

G20 Londres. Manifestations face à la Bank of England. Une personne grièvement blessée.